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Le Moyen Âge est une époque ou période historique occidentale située entre l-Antiquité et les Temps modernes. Il s-étend sur une période d'environ mille ans que les historiens ont divisée en plusieurs parties.
DéfinitionLe terme « Moyen Âge » fut pour la première fois utilisé par les humanistes. En 1469, l'expression figure en latin - media tempestas - dans la correspondance de Giovanni Andrea dei Bussi (Johannes Andrea Bussi (de Buxis)[1], évêque d'Aléria, premier bibliothécaire du Vatican et secrétaire du cardinal Nicolas de Cues. Flavio Biondo de Forlì le mentionne de même dans son ouvrage publié à Venise en 1483 Historiarum ab inclinatione Romanorum Imperii decades[2](« Décades historiques depuis le déclin de l-Empire romain ») En français, l'adjectif correspondant à « Moyen Âge » est « médiéval ». « Moyenâgeux », quant à lui, est péjoratif, ou du moins vieilli (« une ambiance médiévale », « une ambiance moyenâgeuse »). L'histoire du Moyen Âge, en tant que discipline, se nomme aussi « Histoire médiévale ». Un historien qui étudie le Moyen Âge est appelé « médiéviste ». Cependant, l'expression « Moyen Âge » ne veut rien dire en tant que telle. Elle vient de l'expression latine medium ævum qui signifie « âge intermédiaire » ou « âge moyen » d'un homme. Ainsi, « moyen âge » représente un âge intermédiaire entre différentes époques, différents courants artistiques. L'historiographie contemporaine a plutôt tendance à considérer la Renaissance comme une période de transition entre époque médiévale et époque moderne, aux limites chronologiques assez floues (grosso modo de 1420 à 1630). On peut donc parler à bon droit d'une période médiévale de la Renaissance. Chronologie du Moyen ÂgeLes limites exactes du Moyen Âge ainsi que le découpage en différentes périodes sont discutées et font encore l'objet de débats entre historiens. La fin du Moyen Âge est généralement située vers 1500 ; plusieurs dates symboliques ont été proposées par les historiens :
Avec une approximation commode à retenir, le Moyen Âge s'étend de 500 à 1500. Plus généralement, les grandes découvertes marquent le début de ce qu'on peut déjà appeler la mondialisation (accroissement des échanges entre différents pays distants, permis par de nouvelles inventions et découvertes). Principales caractéristiques de l'Occident médiévalDéfinition de l'OccidentLe mot occident désigne à la fois un territoire et une civilisation au Moyen Âge. Le territoire de l'Occident couvre l'ouest de l'Europe (le terme Europe est très peu employé avant la Renaissance), sans recouper exactement les limites de l'Empire romain d'Occident. Les limites orientales de cet ensemble sont floues et mouvantes au cours de la période. En tant que civilisation, l'Occident est le domaine du christianisme romain, dont la langue est le latin. Il s'oppose aux territoires des païens, des musulmans. À partir du haut Moyen Âge et surtout après le grand schisme d'Orient (1054), l'Occident, désormais catholique, fidèle au pape de Rome, et l'Empire byzantin, resté orthodoxe, fidèle aux quatre autres patriarches (Constantinople, Antioche, Jérusalem et Alexandrie), se séparent, pour des raisons qui sont bien davantage politiques que théologiques. Cette dichotomie religieuse et culturelle correspond aux deux anciennes moitiés de l'Empire romain issues du partage de 395 : l'Occident (de culture surtout latine, mais aussi celtique et germanique) et l'Orient (de culture surtout grecque, mais aussi slave, arménienne ou araméenne). La rupture avec Byzance est consommée en 1204, lorsque Constantinople est prise par les croisés de la quatrième croisade. Cet épisode laissera des blessures profondes. Le primat unificateur de la culture ne doit pas faire oublier les divisions politiques et linguistiques qui émergent dès l'époque carolingienne. L'apparition des langues vulgaires et plus tard du protestantisme remet en question la prétendue unité occidentale. L'Occident chrétien est donc au Moyen Âge synonyme de chrétienté latine et s'étend de façon remarquable grâce à l'action des missionnaires et des croisés, avant de conquérir des mondes nouveaux, avec les grandes découvertes du XVIe siècle. Le système social constitue une pyramide, au pied de laquelle se trouvent les paysans qui représentent 90% de la population et au sommet le roi. On distingue deux branches : la féodalité et le clergé. Sur ces branches, le prince et l'évêque sont au même rang. Dessous se trouvent les nobles, la petite noblesse et les propriétaires terriens. Religion chrétienneLe christianisme est au c-ur de l'histoire médiévale : il modèle la pensée de la période, principalement en raison de son universalisme et à cause de la montée en puissance, en Occident, de l'Église catholique organisée autour de la papauté de Rome. Les frontières de l'Occident médiéval qui échappe à toute unité politique, se confondent aussi avec celles de la chrétienté. Organisation de l'ÉgliseDevenu religion d'État dans l'Empire romain pendant l'Antiquité tardive (à partir de l'édit de Milan, en 313, qui accorde aux chrétiens la liberté de culte), le christianisme, en effet, se diffuse au haut Moyen Âge à partir de plusieurs foyers : l'Irlande, les royaumes francs, les royaumes anglo-saxons et Rome. La dilatation de la chrétienté s'accompagne de la mise en place de la hiérarchie ecclésiastique - l'Église en venant à désigner cette dernière - et la papauté, qui se hisse à la tête de celle-ci, devient un des principaux pouvoirs en Occident : l'évêque de Rome, dont l'autorité spirituelle s'appuie sur la primauté du siège de l'apôtre Pierre, devient le souverain pontife. Cette évolution est lente (Ve - XIIIe siècle) et se heurte à de nombreux obstacles :
Bientôt, le christianisme romain doit s'imposer face à Byzance, notamment pendant la crise iconoclaste (726 - 843). Au XIe siècle, la rupture avec le christianisme oriental est consommée, mettant fin au problème. Presqu'aussi importante est la question de l'adoption d'une liturgie unique : les Églises nationales possèdent leurs propres traditions qui ne se fondent que progressivement : la liturgie irlandaise, qui fixe la fête de Pâques à une date différente, l'emporte dans les îles britanniques jusqu'au synode de Whitby (664). En développant la mission chrétienne (à partir de 610) et en tissant des relations privilégiées avec les souverains « barbares » (notamment, en s'appuyant sur les rois anglo-saxons et sur l'expansion des Francs en Germanie), Rome parvient partout à unifier les traditions de l'Église et dans le même temps, à affirmer son rôle à la tête de celle-ci, sauf chez les Slaves qui demeurent dans la sphère d'influence byzantine.
Christianisation de l'Europe
Le baptême de Clovis, par Le Maître de Saint-Gilles, peinture sur bois, vers 1500. Cette cérémonie scelle l'alliance de l'Église de Gaule avec le pouvoir franc.
L'essor de l'Église ne peut être dissocié de l'effort de christianisation de la société et des consciences : cette dernière demeure un combat constant durant tout le Moyen Âge. Selon les conceptions chrétiennes, conformément au modèle des apôtres dans les évangiles, l'Église conçue comme l'assemblée des fidèles unis dans la foi doit se répandre « jusqu'aux confins de la terre ». Pour cela, elle peut s'appuyer sur le soutien de ses membres influents - comme en Germanie, où elle accompagne le conquérant franc - mais surtout, elle doit reposer sur un acte d'adhésion volontaire et, en cela, elle ne peut compter que sur les effets de la prédication : cet état de fait est à l'origine du double visage de l'expansion chrétienne au Moyen Âge : à la fois pacifique et d'ordre spirituel, mais aussi marquée par la guerre et par la violence.
Durant le haut Moyen Âge, les missions chrétiennes de prédicateurs isolés, appuyés par Rome lorsqu'elle le peut, repoussent avec succès les limites politiques de la chrétienté en amenant à la conversion des rois barbares et en s'appuyant sur l'influence des rois chrétiens - comme les rois francs, dont l'adhésion au christianisme remonte à Clovis (496 ou 498) - mais leur préoccupation dernière, qui est de faire entendre le message du Christ aux peuples des derniers, demeure un objectif des plus difficiles à quantifier. Elles sont le plus souvent l'-uvre de moines, comme saint Colomban en Gaule, saint Augustin de Canterbury dans le Kent ou saint Boniface en Frise. À cette fin, l'Église se heurte également à des résistances à l'intérieur même de la chrétienté, où le clergé séculier est à la tête de l'encadrement des fidèles, surtout dans les campagnes : symptomatique, le mot « païen » - paganus, celui qui habite la campagne - désigne celui qui pratique l'ancienne religion polythéiste avant de désigner tout ce qui n'est pas chrétien. Le respect de la morale chrétienne, en particulier, fait l'objet d'injonctions des conciles, des synodes mérovingiens, puis carolingiens. Ces derniers ne cessent de rappeler les interdits, notamment l'esclavage, de condamner les coutumes païennes et de tenter de limiter la violence privée.
Cathares expulsés de Carcassonne en 1209. Le catharisme était une hérésie combattue par l'Église catholique au XIIIe siècle.
Pendant la période féodale, les synodes s'attachent à lutter contre les violences seigneuriales (Paix de Dieu, trêve de Dieu), la vente des sacrements et des fonctions ecclésiastiques (simonie), les clercs indignes (nicolaïsme), et enfin contre les hérésies. Ces dernières se développent sporadiquement (autour de l'an Mil) et, très rarement, s'installent durablement comme en Languedoc, avec le Catharisme ou en Bohême, avec Jean Hus (1369 - 1415), etc. À partir du XIIIe siècle, la papauté peut s'appuyer pour cette tâche sur les ordres mendiants, franciscains et surtout, dominicains. Mais la tentation du recours à la force est grande et la violence caractérise souvent, en dernier recours, le combat pour l'unité de l'Église, qu'implique sa première définition : elle marque la « christianisation » forcée de la Saxe par Charlemagne (seconde moitié du VIIIe siècle), donne lieu à la croisade des Albigeois, à la naissance du tribunal de l'Inquisition sous le pape Grégoire IX (1227 - 1241), aux guerres hussites, etc. Manifestations de la foi chrétienne
Ange reliquaire du XVe siècle, France.
Les fidèles manifestent leur foi de façon ostensible et la religion est omniprésente : des milliers de personnes répondent aux appels à la croisade ou se lancent sur les chemins de pèlerinage. Des sommes considérables sont engagées pour ériger des églises par dizaines. On vient toucher les reliques et on les sort pendant les processions. La frontière entre le sacré et le profane est toujours ténue : la peur de l'enfer et du diable motive bien des comportements. Le Moyen Âge est aussi l'époque de l'épanouissement de la mystique chrétienne. Importance de l'ÉgliseL'Église perçoit des impôts tels que la dîme dans le royaume de France. Elle reçoit des dons en terres, en meubles ou en argent de la part des puissants qui attendent en retour son aide spirituelle (prières) et politique. Les grandes abbayes disposent de biens fonciers parfois très étendus sur lesquels elles prélèvent des redevances et imposent des tonlieux. Dans le Saint-Empire romain germanique, les évêques deviennent de véritables seigneurs à la tête de riches principautés. Le clergé se fait obéir et respecter des fidèles. Il distribue les sacrements nécessaires au salut de l'âme. Le curé qui baptise les enfants, marie les couples, bénit les moissons et entend les confessions est un personnage incontournable de la vie quotidienne. L'église et le cimetière sont au c-ur du village et sont des lieux d'asile et de réunion. Les cloches rythment le temps et le calendrier célèbre les temps forts de la vie de Jésus. Le clergé exerce des fonctions sociales telles que la charité, l'éducation (écoles monastiques puis épiscopales), les soins (Hôtel-Dieu, Hospice). Peu d'études ont été faites sur le statut de la femme au Moyen Âge en France. L'image de la femme confinée à la sphère domestique et à l'éducation des enfants relève plus d'une idée préconçue qu'une réalité vraiment connue ou étudiée sérieusement. Ce que nous savons des femmes vient de celles qui ont exercé un artisanat ou travaillé en collaboration avec leur homme. Des lettres de famille font un rapport des mariages qui étaient des partenariats affectueux. Il semble important selon Régine Pernoud de sortir des caricatures qui caractériseraient la condition des femmes au Moyen Âge comme la pire. En effet, il s'avère qu'elles possédaient le "droit de vote" (dans les assemblées) par exemple. Leur domaine s'est peu à peu confiné et réduit à la sphère domestique avec l'avènement de la culture classique antique. Auparavant, elles avaient un réel rôle social et une vie professionnelle. N'oublions pas que les reines aussi étaient couronnées par l'archevêque de Reims et qu'elles avaient leur autorité reconnue dans la sphère politique. Marie de Médicis fut la dernière reine couronnée. C'est plus tard que les reines seront complètement exclues de la sphère politique, à l'époque classique. Rappelons nous que les femmes n'ont pas toujours été écartées du trône au Moyen Âge. La première disposition en ce sens est faite par Philippe le Bel. Progressivement, les religieuses aussi se sont vues cloîtrées, mais cela n'a pas toujours été le cas au Moyen Âge. Certains abbesses avaient au Moyen Âge autant de pouvoir que certains seigneurs. Le rôle des femmes semble diminuer avec la montée de l'influence du droit romain qui ne leur est pas favorable et cette tendance se poursuivra avec la Renaissance. L'étude des actes notariés est une grande source pour comprendre et décrypter le statut des femmes; ceux-ci montrent qu'elles ont possédé une plus grande autonomie qu'on ne l'imagine. Ainsi le statut de la femme autant dans la société civile qu'ecclésiastique semble se modifier au XIIIe siècle. C'est seulement au XVIe siècle qu'un arrêt du Parlement de 1593 écarte explicitement les femmes de toute fonction de l'État. voir thèmes connexes aussi, mais on distingue les suivants : l'Amour courtois - les nonnes - les veuves - le mariage - la maternité - le travail - l'érudition. Un aspect majeur de la religion au Moyen Âge est son rôle dans les arts et la culture : dès l'Antiquité tardive, en effet, la culture latine classique se réfugie dans les monastères, où l'on continue à enseigner le trivium et le quadrivium. Face à l'illettrisme du peuple et des aristocrates barbares, ces derniers et, plus largement, l'Église, demeurent le cadre par excellence où survit l'Écrit : les lettrés, théologiens, hagiographes et chroniqueurs qui témoignent de leur temps, sont des moines ou des évêques. Certaines idées héritées de la Rome antique, comme celle de l'État, qui disparaît au VIIe siècle, y sont conservées et pénétrées par le christianisme. À travers la renaissance carolingienne, portée par Alcuin, la réforme clunisienne, la réforme grégorienne, puis avec la création des ordres mendiants et l'essor des Universités, au XIIIe siècle, les renouveaux culturels et spirituels émanent des gens de religion. L'art roman qui se diffuse avec Cluny et l'art gothique, qui naît à Saint-Denis avant de gagner l'Europe entière sont des arts religieux. Il faut en fait attendre la fin du Moyen Âge (XIVe - XVe siècle) pour qu'une culture profane se développe à nouveau en France, dans l'entourage royal des légistes et en raison des démêlés du roi avec la papauté. Enfin, en toute logique dans ce contexte, les textes à partir desquels se forme l'idéologie - en particulier de la société et du pouvoir - au Moyen Âge sont les sources chrétiennes : l'Ancien Testament donne son cadre à la royauté médiévale (Charlemagne est comparé au roi David), les -uvres des Pères de l'Église (notamment, saint Jérôme et, surtout, saint Augustin avec La cité de Dieu) encadrent les rapports sociaux et enfin, le Nouveau Testament, dont les Évangiles fournissent à la fois l'exemple de vie apostolique qui anime les ordres mendiants et le terreau de l'humanisme à travers l'Incarnation, se trouve à l'origine du renouveau idéologique qui marque la fin de la période. Aussi, dans une large mesure, la religion chrétienne inspire et modèle la société médiévale en lui fournissant à la fois sa hiérarchie (au sommet de laquelle se trouve le roi, intermédiaire avec le Christ qui règne sur la hiérarchie céleste) et la première de ses institutions : l'Église, qui supplée à la disparition de l'État. Royauté médiévaleL'Occident médiéval est gouverné par des souverains, mais qui n'ont pas tous les pouvoirs. La royauté est contractuelle et non absolue. La monarchie est le régime politique le plus répandu en Europe, même si certaines républiques apparaissent (République de Venise). Le roi doit tenir compte d'autres acteurs politiques tels que les princes, les seigneurs et l'Église. Au Moyen Âge classique, mais plus sûrement à la fin du Moyen Âge, les rois d'Europe occidentale (Angleterre, France, Espagne) tentent d'unifier leurs états en s'appuyant sur la féodalité et la légitimité définie par les juristes : les historiens parlent de monarchies féodales et de l'émergence des états nationaux. À l'époque de la disparition du dernier empereur d'Occident (Ve siècle), les rois barbares ont implanté une nouvelle forme de pouvoir, jetant les bases de la royauté médiévale. Si l'élection reste en vigueur de manière théorique, le pouvoir royal se transmet dans les faits au sein d'une même famille d'ascendance noble ou sainte qui forme une dynastie. Le roi du Moyen Âge prend sous sa protection son peuple : pendant le haut Moyen Âge et encore au Moyen Âge classique, les sources écrites évoquent le roi des Francs (rex francorum), par exemple. Quelques-uns de ces rois sont sacrés (le roi des Wisigoths, le roi d'Angleterre, le roi des Francs à partir de 752), ce qui les place au-dessus des autres seigneurs ; tous sont couronnés et portent des insignes (regalia) symbolisant leur autorité et leur mission. Et surtout, le souverain médiéval gouverne en étroite collaboration avec le clergé chrétien. Dans les États pontificaux, le pape renforce sa puissance et devient un véritable monarque au XIIIe siècle ; il lui arrive même de s'opposer violemment aux empereurs (Querelle des Investitures avec l'empereur germanique) et d'utiliser l'arme de l'excommunication. Enfin, l'empereur est un souverain particulier : il entend exercer un pouvoir universel, du moins en théorie, et protéger l'Église. Il se réclame de l'héritage romain (Charlemagne, Otton Ier) et se trouve le seul à recevoir sa couronne des mains du pape. VassalitéLa vassalité existait déjà pendant le haut Moyen Âge. Le système évolue en relations féodo-vassaliques au cours du XIe siècle. La cérémonie suit des règles très précises. Le vassal avance devant son futur seigneur la tête nue en signe de respect. Il s'agenouille, devant lui, pour lui exprimer son humilité, les mains jointes. Le seigneur les prend entre les siennes et le relève. Le jeune vassal reçoit un fief (le plus souvent une terre qui appartient au seigneur ou un droit de prélever des taxes sur un pont par exemple) et, en échange, il jure sur les saintes Écritures, ou sur une relique, sa fidélité au seigneur. FéodalitéLa période de la féodalité couvre du IXe au XIIIe siècle. C'est une organisation hiérarchique de la noblesse liant les membres entre eux. Le régime féodal est fait pour se protéger des envahisseurs, des guerres. Chaque seigneur s'engageait envers un seigneur plus puissant : il devenait son vassal. Le pouvoir d'un seigneur se mesurait au nombre de ses vassaux. Chaque vassal, en échange de leur loyauté, recevait un fief, un territoire. Tous les seigneurs ont des vassaux mais tous les vassaux ne sont pas des seigneurs. Vie des chevaliersCivilisation médiévaleL'histoire de la civilisation rurale et de la culture matérielle du Moyen Âge à été rénovée par Jean-Marie Pesez, à l'EHESS, Michel de Boüard à l'université de Caen, à partir des années 1960, puis Gabrielle Démians d'Archimbaud à l'université d'Aix-en-Provence. Essor urbain
Foire et courants commerciaux
Éducation et culturePendant le haut Moyen Âge et le Moyen Âge central
Pendant le bas Moyen Âge (à partir du XIIe siècle)
Carte de l'Europe au XIIIe siècle. Le "Saint Empire romain germanique" n'est pas un état unitaire mais un ensemble complexe de royaumes, duchés, principautés (dont certaines ecclésiastiques) et villes-républiques, l'empereur étant élu parmi les souverains par les électeurs palatins.
ArtsL'art médiéval est essentiellement un art religieux : en architecture, aux églises romanes de la période rurale, succèdent, dans la phase d'essor urbain, les grands chantiers des cathédrales gothiques. Les sculptures sont déjà présentes dans la période dite romane, avec des thèmes souvent inspirés de l'Ancien Testament. Les thèmes se diversifient, et la statuaire devient un art à part entière dans la période dite gothique (cathédrale de Reims). Le vitrail apparaît dans les cathédrales gothiques.
a) L-art roman : Production artistique de l'Occident s'étendant depuis la fin du Xe siècle jusqu'à la seconde moitié du XIIe siècle, l'art roman s'est développé principalement en Occident après la dissolution de l'Empire carolingien. L'art roman est un assemblage d'idées nouvelles, toujours sur un même thème: la société de l'époque étant profondément religieuse, il est certain que la religion va transparaître à travers l'art. On sent toutefois une influence directe de l'art carolingien, qui a précédé la période romane, que ce soit par l'édification des bâtiments ou par l'ornementation des manuscrits. Du côté de la peinture ornementale, cette forme d'art est tellement importante qu'on ouvre des écoles pour former les peintres. L'art roman s'est propagé à toute l'Europe en quelques décennies et se base généralement sur les courants précédents mais en étant toutefois dominé par les croyances religieuses de l'époque- b) L-art gothique : La peinture gothique existe sous forme de miniatures et de retables, tableaux religieux sur bois de plusieurs pièces, qui viennent pallier l'absence de fresques sur les pierres nues des cathédrales. La Vierge et le Christ jouent un rôle important dans ces retables. Dans les livres, c'est la vie des nobles qui est présente (chasse, vie courtoise, banquets-). La couleur, la lumière et la perspective sont caractéristiques. Les visages sont délicats, les corps allongés, les extrémités petites, les doigts longs et fins. Les femmes sont représentées avec une taille haute et fine, mais un ventre rond. En effet, il est à la mode de porter un coussin sur l'abdomen. Redécouverte d'auteurs antiquesSi l'on met à part le monde byzantin, les enseignements philosophiques et scientifiques du début du Moyen Âge n'ont été basés que sur de rares copies et commentaires d'anciens textes grecs survivant en Europe de l-Ouest après la chute de l'Empire romain de l'Ouest. Une large partie de l-Europe occidentale avait alors perdu le contact avec les connaissances du passé. La conquête de l'Espagne par les Berbères musulmans au VIIIe siècle et celle de l'Anatolie par les Turcs au XIe siècle mettent en contact la culture européenne et la culture islamique. L'Espagne et l'Empire byzantin étaient des conservatoires de la culture antique : les bibliothèques sévillane, ravennoise et constantinopolitaine en étaient alors les centres culturels les plus brillants sous l'impulsion respectivement de Léandre et d'Isidore, de Boèce et de Cassiodore, d'Étienne de Byzance. Ces conquêtes provoquent l'effondrement à terme des très cultivés Royaume wisigoth et Empire byzantin, havres de paix depuis la fin du VIe siècle, où étaient recopiés et commentés les grands écrivains chrétiens du IVe au VIe siècle, en particulier Augustin (354-430), Cassiodore (485-580), Grégoire le Grand (540- pape 590-604) mais aussi des pères latins plus anciens : Tertullien (155-222), Cyprien de Carthage (200-258), Hilaire de Poitiers (315-367), Ambroise (340-397). L'effondrement de leur royaume explique largement l'afflux de grands esprits wisigoths comme Théodulf ou Benoît d'Aniane à la cour de Pépin le Bref ou de Charlemagne. De la même manière les invasions Vikings font venir des érudits irlandais et northombriens. La renaissance carolingienne et la création d'un nouvel empire romain (le "Saint-Empire romain germanique") découlent logiquement de cet afflux de connaissances vers les nouveaux espaces de stabilité d'un Occident secoué par les grandes invasions, mais désireux d'imiter Rome et d'égaler Byzance. Sous le règne de Charlemagne, poussée par le développement intense du monachisme (voir: Benoît d'Aniane) et l'adoption d'une écriture unique et facile à déchiffrer (la caroline, la culture se répand en Occident. Cette renaissance ne perdurera que le temps de l'empire carolingien qui se dissoudra en de multiples principautés féodales. Mais à partir du milieu du Xe siècle, de grands États se structurent en Europe soutenus par de puissants ordres religieux (en particulier l'ordre de Cluny). Les anciens États de la marche d'Espagne en contact direct du monde musulman, accueillent de nombreux juifs et mozarabes andalous fuyant les persécutions d'Al-Mansur. Les monastères dont les bibliothèques conservaient déjà le savoir du royaume wisigoth, s'enrichissent encore. Les réseaux monastiques qui relient toute l'Europe sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle vont diffuser ce savoir. C'est surtout par l'Espagne que la culture arabe pénètre en Occident et essentiellement par la Catalogne[7]. Contrairement à une idée souvent répandue, on lit beaucoup d'auteurs antiques au Moyen Âge. Cela se passe dans les scriptoria des monastères, qui reproduisent les livres des auteurs latins en écriture caroline, sur des manuscrits enluminés, puis dans les écoles urbaines (à partir du XIIe siècle) et les universités (à partir du XIIIe siècle). D'après les manuscrits dont on connaît aujourd'hui l'existence - ce qui ne préjuge pas de celle d'autres ouvrages - on peut affirmer qu'à l'époque carolingienne, on connaît Platon. À l'époque ottono-clunisienne (920-1000), on trouve l-Art d'aimer d'Ovide, l-Aratea de Cicéron, Tite-Live, Salluste, Térence, Plaute, Catulle. On assiste à un renouveau des études sur Aristote (Abbon de Fleury, ...). Gerbert d'Aurillac (Sylvestre II, pape de l'an mil) avait une culture exceptionnelle, et connaissait notamment Stace, Juvénal, Perse, Ovide, Salluste, César, Sénèque, Pline l'Ancien, Cicéron, saint Augustin et a largement contribué à réintroduire les mathématiques en Occident. De 1060 à 1200, le mouvement se poursuit, avec la présence d'-uvres de Cicéron (-uvres philosophiques et morales), Suétone, Sénèque, mais aussi des poètes Virgile, Lucain, Stace, Juvénal, Perse, Martial, Ovide. Il s'agit surtout d'auteurs latins, en grande partie en raison des relations avec Byzance qui sont très distendues. Art du manuscrit
LittératureLa littérature du Moyen Âge faisait un usage très fréquent de l'allégorie. Le premier auteur à avoir employé l'écriture allégorique fut Prudence au IVe siècle. Il eut une influence en littérature pendant tout le Moyen Âge. Le genre de l'amour courtois se développa dès le XIe siècle. D'autres genres eurent une grande popularité (chansons de geste, littérature de voyage, -). MusiqueLa musique du Moyen Âge est à la fois profane et sacrée. FolkloreÀ côté de la philosophie et de la religion, la tradition populaire véhicula aussi une culture éminemment riche de récits, de croyances, de coutumes, de m-urs, de légendes, de contes, de musiques, de danses, de jeux, d'habitude de vie- Dont la compréhension est parfois difficilement appréciable à l-heure actuelle. Citons, à titre d-exemple, la faune fantastique qui parcourait les croyances médiévales, telle que le dragon ou la sirène. Sports et jeuxLa plupart des sports étaient violents, le sport ayant valeur d'école de combat pour les jeunes nobles. On attendait ainsi des garçons de la noblesse qu'ils puissent tirer à l'arc, monter à cheval. Les sports préférés des nobles étaient les chasses et tournois. Le peuple pratiquait des combats de coqs et des traques d'ours. On aimait aussi les jeux d'équipe. En telle circonstance, un village entier pouvait parfois participer (comme la soule). Il y avait des règles et des arbitres, et certains jeux ressemblaient souvent à une émeute. On finit d'ailleurs par les interdire légalement.
Progrès techniques
Guerre
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